Rhinites allergiques : comment les soulager ?
Rhinites allergiques : comment les soulager ?

Alors que les beaux jours reviennent au printemps, les personnes allergiques se retrouvent "nez à nez" avec un de leurs pires ennemis : les pollens ! Utilisées par voies nasale, cutanée et orale, certaines huiles essentielles anti-allergiques peuvent les aider à passer cette période difficile.

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Souvent une conjugaison de rhinite et de conjonctivite allergiques

Le rhume des foins est une pollinose, c’est-à-dire une affection allergique des muqueuses respiratoires et/ou oculaires provoquée par les pollens de certaines plantes. Parmi ces pollens allergènes on compte nombre de graminées, d’où le nom courant de “rhume de foins”.

Il se caractérise par une rhinite allergique souvent associée à une conjonctivite (rhino-conjonctivite allergique), et constitue un facteur de risque à la survenue d’asthme allergique. On retrouve typiquement les symptômes suivants :

     - rhinorrhée (écoulement nasal) aqueuse très abondante, parfois avec obstruction nasale ;

     - démangeaisons nasales et oculaires ;

     - éternuements en salves ;

     - yeux rougis, larmoyants, avec une sensation de grains de sable dans les yeux ;

     - raclements de gorge, toux ;

     - sensation d’oreille bouchée, perturbation de l’odorat et du goût.

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Deux fois plus de personnes touchées qu’il y a 20 ans

Selon l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire et de l’alimentation), le nombre de personnes souffrant d’allergies saisonnières a plus que doublé en France au cours des 20 dernières années. On estime que l’allergie aux pollens touche actuellement 15 à 20% de la population française, dont près de 1 adulte sur 3.

Le rhume des foins apparaît généralement dans l’enfance à partir de l'âge de 5 ans et à l’adolescence, mais peut aussi parfois survenir à l’âge adulte.

Le facteur génétique est déterminant, puisque la probabilité d’être allergique est de 30% si un des parents l’est, et de 60% si les deux parents le sont.

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Des facteurs aggravants : le réchauffement climatique et la pollution atmosphérique

Le réchauffement climatique favorise les réactions allergiques en provoquant une pollinisation plus précoce et plus étalée dans le temps, mais aussi plus abondante chez certaines espèces végétales, comme des études l’ont montré pour le bouleau ou l’ambroisie.

Les polluants atmosphériques aggravent également les réactions allergiques par une double action :

     - ils augmentent l’irritation des muqueuses nasales et oculaires et abaissent le seuil de réactivité bronchique, ce qui induit la réaction allergique à des concentrations plus faibles en pollens chez les personnes sensibilisées ;

     - ils augmentent le potentiel allergisant des grains de pollen par altération et rupture de leur paroi, produisant des fragments polliniques plus petits capables de pénétrer plus profondément dans l’arbre respiratoire.

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Les pollens en cause

En France, la pollinisation sévit au cours de 3 périodes de l’année :

     - à la fin de l’hiver et au début du printemps, les pollens des arbres : noisetier, aulne, cyprès, thuya, genévrier, bouleau, frêne, charme, platane ;

     - du milieu du printemps jusqu’à la fin de l’été, avec un pic aux mois de mai-juin : les pollens de graminées ;

     - à l’arrière-saison, les pollens de certaines plantes herbacées : armoise, ambroisie, plantain, pariétaire…

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Le mécanisme (simplifié) de l’allergie

Lors d’un premier contact avec un allergène, l’organisme d’un sujet prédisposé à l’allergie va reconnaître celui-ci comme un corps étranger et produire des anticorps IgE qui vont se fixer à la surface de certains globules blancs présents au niveau de la peau et des muqueuses : les mastocytes. C’est la phase de sensibilisation, au cours de laquelle il n’y a pas encore de réaction allergique.

C’est lors d’une nouvelle rencontre avec le même allergène que les mastocytes sensibilisés vont libérer un médiateur chimique pro-inflammatoire, l’histamine, qui va déclencher la réaction allergique. Cette phase précoce de la réaction se produit quelques minutes après la rencontre avec l’allergène.

Elle est suivie d’une phase tardive d’aggravation des symptômes après quelques heures, impliquant notamment des globules blancs circulants, les polynucléaires éosinophiles, attirés sur le site de l’inflammation par des facteurs chimiotactiques (leucotriènes en particulier) produits par les mastocytes.

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Protocole d’aromathérapie

Ce protocole de soin conjugue les voies nasale, cutanée et orale.

La voie nasale agit principalement sur les symptômes de la rhinite, le plus souvent prépondérants, et les voies cutanée et orale ont une action anti-allergique et anti-inflammatoire plus générale, ciblant les autres manifestations de l’allergie (conjonctivite, bronchoconstriction).

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   Voie nasale

   

          -   HE de tanaisie annuelle ou camomille bleue (Tanacetum annuum)

              L’HE de tanaisie annuelle contient du chamazulène, un sesquiterpène inhibiteur du relargage d’histamine et de la phospholipase A2 (point de départ de la cascade arachidonique, le moteur de l’inflammation).

          -   HE rectifiée de candéia (Eremanthus erythropappus)

              L'HE de candéia contient de l'alpha-bisabolol, un sesquiterpénol inhibiteur de la lipoxygénase (5-LOX), d’où une diminution des leucotriènes (LTB4, etc), contrôlant la chémotaxie des éosinophiles et des neutrophiles.

          -   HECO2 d’encens des Indes (Boswellia serrata)

              L’HECO2 d’encens des Indes contient de l'incensol (ou serratol) et des acides boswelliques, d'où une activité anti-inflammatoire et anti-allergique remarquable.

          -   HE de géranium Bourbon (Pelargonium x graveolens cv Bourbon)

              L’HE de géranium Bourbon a une action astringente (sans effet vasoconstricteur) qui diminue la production des mucosités.

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Réaliser un mélange de ces huiles essentielles de la façon suivante :

     - dans un flacon de 10 ml, verser 2 gouttes de tanaisie, 2 gouttes de candéia, 2 gouttes d'encens des Indes, 2 gouttes de géranium Bourbon

     - compléter jusqu'à 10 ml avec de l'huile végétale de bancoulier, riche en oméga 3 également actifs.

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Appliquer avec le doigt 1 à 2 gouttes du mélange à l’entrée de chaque narine, ou bien pratiquer une pulvérisation dans chaque narine si on dispose d’un spray nasal.

A effectuer 3 à 5 fois par jour durant 3 jours au début des symptômes, selon leur intensité, puis 2 fois par jour jusqu’à la fin de la semaine.

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   Voie cutanée

HE de pin sylvestre (Pinus sylvestris)

10 gouttes diluées dans un peu d’huile végétale.

Appliquer ce mélange tôt le matin en bas du dos au niveau des dernières côtes, zone correspondant aux glandes surrénales situées sur les reins.

L’action corticotrope du (-)-α-pinène contenu dans l’huile essentielle de pin sylvestre favorise la production de cortisol naturel par les surrénales, à l’action anti-inflammatoire et immunosuppressive.

 

   Voie orale

  

     - HE d’estragon (Artemisia dracunculus)

       L’action interne de l’estragon est multiple : anti-allergique par l’action antihistaminique de ses coumarines, antispasmodique et parasympatholytique par l’action du méthyl-chavicol. On peut ainsi lutter contre le phénomène de bronchoconstriction et faciliter la respiration. Attention ! Choisir un estragon de culture biologique, car cette plante est toujours arrosée de pesticides en agriculture conventionnelle !

     - HACO2 de nigelle douce ou cumin noir (Nigella sativa)

       L'huile aromatique (extrait CO2) de nigelle contient de la thymoquinone, un composé anti-allergique inhibiteur du "rush" des éosinophiles et de l'expression des cytokines de la voie Th2.

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Prendre 1 goutte de chaque par voie orale et les garder en bouche 1 minute pour un passage des composés actifs en sublingual, à renouveler 3 fois par jour pendant la crise.

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Pierre Franchomme

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AVERTISSEMENT 

Les informations présentées dans cet article ne constituent pas une recommandation thérapeutique et ne remplacent pas la consultation d’un professionnel de santé.
Elles ne conviennent pas aux enfants de moins de 6 ans, ni aux femmes enceintes ou allaitantes. Dans ces cas, demander l’avis d’un professionnel de santé.
Par ailleurs, l’usage des huiles essentielles nécessite de vérifier au préalable leurs précautions d’emploi et contre-indications éventuelles. En cas de doute, consulter un professionnel de santé.

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Apr 16, 2020