Extraits CO2 : des huiles essentielles plus riches
Extraits CO2 : des huiles essentielles plus riches

Les extraits CO2 sont obtenus par extraction au CO2 supercritique, une technologie qui permet d'extraire en douceur, sans les dénaturer, les composés lipophiles des végétaux (le totum ou uniquement la fraction volatile). Ce sont des produits beaucoup plus riches et complexes que les huiles essentielles (HE) issues de la distillation traditionnelle à la vapeur d’eau.

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Les limites de la distillation à la vapeur d’eau

La plupart des huiles essentielles sont obtenues par le procédé traditionnel de distillation dans un alambic - sauf les huiles essentielles d'agrumes (citron, orange, bergamote, etc) obtenues par pression mécanique et de certaines fleurs fragiles (jasmin, vanille, etc) extraites grâce à des solvants volatils.

Le fluide utilisé dans l’alambic pour extraire les molécules volatiles hors de la matière végétale est tout simplement la vapeur d’eau. A la fin de la distillation, on obtient une huile essentielle ou “HE” ou pour être plus exact “HE de distillation”.

Cependant, la distillation à la vapeur d’eau a ses limites. Elle ne parvient pas à extraire des plantes les composés volatiles lourds, dont certains peuvent avoir un intérêt thérapeutique. De plus, la vapeur d’eau à 100°C et l’oxygène présent dans l’alambic transforment certaine molécules en créant des artefacts par oxydation et hydrolyse. A la fin, l’huile essentielle obtenue par ce procédé n’a pas exactement la même composition que l’essence présente dans les glandes de la plante d’origine.

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L'extraction par CO2 : une technologie douce qui respecte le végétal

L’extraction au CO2 est une technique beaucoup plus récente que la distillation qui, elle, date de plusieurs siècles. Elle s’est développée au début des années 1980 et Pierre Franchomme l’a introduite dans le domaine de l’aromathérapie au début des années 2000.

A place de la vapeur d’eau comme fluide d’extraction, le procédé fait appel aux remarquables propriétés d’un solvant “vert” totalement neutre, sans odeur, sans saveur, non toxique et non polluant : le CO2 naturel (dioxyde de carbone, couramment appelé gaz carbonique) mis dans un état particulier qu’on appelle “supercritique”. ll s’agit d’un état intermédiaire entre celui de gaz et de liquide, obtenu à des basses températures voisines de l’ambiante (la température critique est de 31°C) et à des pressions élevées (la pression critique est de 74 bars) mais facilement atteignables avec les technologies disponibles aujourd’hui.

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Légende :

Courbe d’équilibre liquide-gaz du CO2. On parle ainsi de CO2 supercritique quand il est chauffé au-delà de sa température critique et en même temps comprimé au-dessus de sa pression critique.

Source : IFS (Innovation Fluides Supercritiques)

L’état supercritique permet au CO2 de pénétrer au cœur des cellules végétales et de se charger des molécules aromatiques, dont il se sépare ensuite complètement en retournant à l’état gazeux.

L’extraction au CO2 supercritique s’effectue à basse température (environ 30°C) évitant ainsi toute altération des principes extraits.

En faisant varier les conditions de pression et de température, il est possible :

-       de cibler des composants particuliers recherchés pour leurs vertus en procédant à une extraction sélective de la partie volatile,

-       ou au contraire d’extraire l’intégralité des principes actifs regroupant le totum des composés lipophiles, y compris les molécules volatiles les plus lourdes et une fraction de lipides dans le cas de graines.

En fin de processus, le CO2 est récupéré totalement, ce qui en fait une méthode d'extraction très écologique, avec un solvant complètement recyclé.

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Légende :

Le procédé consiste à placer les végétaux préalablement broyés dans un autoclave puis les mettre en contact avec le CO2 supercritique qui en extrait les composés. Dans le séparateur, le CO2 redevient gazeux et se sépare totalement de l’extrait.

Source : IFS (Innovation Fluides Supercritiques)

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Des huiles plus complètes, plus pures et mieux tolérées

Les extraits CO2 sont beaucoup plus riches et concentrés que les huiles essentielles issues de la distillation. Ils sont aussi particulièrement odorants et les parfumeurs les utilisent pour composer leurs meilleures fragrances.

La plus grande richesse des HECO2 en composés lipidiques les rend aussi plus dermophiles que les HE classiques, pour une meilleure tolérance par voie orale et cutanée. En revanche, cette composition fait qu’elles ne sont pas adaptées à la diffusion atmosphérique.

Enfin, les extraits CO2 sont « purs » et microbiologiquement stables : ils ne contiennent aucune trace du solvant CO2, d’éventuels métaux, micro-organismes …

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HE ou HECO2 : quelle huile choisir ? L’exemple du gingembre

Face à une huile essentielle issue de la distillation, l’extrait CO2 est à privilégier s’il fournit un profil chimique à la spécificité remarquable.

Par exemple, les rhizomes de gingembre (Zingiber officinale) fournissent une HE et une HECO2 aux profils différents mais toutes deux incontournables en aromathérapie :

 

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  • L’huile essentielle de gingembre(rhizomes frais), très riche en sesquiterpènes, a de nombreuses propriétés qui lui confèrent sa grande valeur thérapeutique : antivirale, anti-inflammatoire, anti-angiogénique, antinauséeuse, antitussive, carminative…

 

  • L’extrait CO2 de gingembre(rhizomes) est très riche en vanilloïdes aux propriétés antioxydantes et antiradicalaires remarquables, qui aident à lutter contre le stress oxydant, le vieillissement prématuré de l’organisme et les maladies neurodégénératives telles que la maladie d’Alzheimer. Très peu d’huiles essentielles bénéficient de telles propriétés !

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On choisira donc l’une ou l’autre de ces deux huiles essentielles d’exception selon l’usage auquel on la destine...

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Pierre Franchomme

 

Web Admin
Apr 01, 2019